7:51 - October 16, 2019
Code de l'info: 3470864
S’il n’entend pas s’exprimer publiquement pour l’instant, le président a réagi aux débats du moment devant ses proches.
Il déteste qu’on lui dicte son agenda. Résultat, Emmanuel Macron a fait savoir, mardi soir, qu’il n’avait «pas prévu à ce stade» de prononcer de fameux «grand discours» sur l’islam et la laïcité. Alors que la majorité et le gouvernement se sont publiquement déchirés sur la question du port du voile, le chef de l’État considère qu’il s’est déjà suffisamment exprimé sur ces sujets. Il estime par ailleurs que le premier ministre, Édouard Philippe, a été «très clair» lors de la séance de questions au gouvernement mardi après-midi, et qu’il a parfaitement rappelé sa ligne.
 
Malgré cette fin de non-recevoir, le président ne s’est pas privé de réagir, en petit comité, aux différents débats qui ont eu lieu ces derniers jours. Selon lui, la séquence à laquelle on assiste actuellement aurait débuté avec le discours qu’il a prononcé la semaine dernière, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat terroriste à la Préfecture de police de Paris. Et plus précisément avec la «société de vigilance » qu’il a appelée de ses vœux pour lutter contre «l’hydre islamiste». Une notion dont il est persuadé qu’elle a au mieux été mal comprise, et au pire instrumentalisée.
 
Radicalisation, communautarisme, structuration de l’islam
D’où l’agacement qu’il a confié à quelques proches, jugeant qu’il était «irresponsable de faire des amalgames et de stigmatiser une partie de la communauté nationale». Dans son viseur se trouvent des responsables politiques de droite et d’extrême droite... Dont l’ex-LR Xavier Bertrand, qui s’est exprimé dans Le JDD pour regretter sa prise de conscience tardive face à l’«islam politique», et pour l’appeler à «changer». Outre les élus, le président a également ciblé ceux qu’il appelle les «commentateurs», qui se sont succédé sur les plateaux et dans les radios.
 
Emmanuel Macron a enfin rappelé «trois volets essentiels» à ses yeux pour répondre aux défis d’aujourd’hui. D’abord, la lutte contre la radicalisation, pour laquelle il a demandé au ministère de l’Intérieur de «redoubler d’efforts». Ensuite, la lutte contre le communautarisme, qui concerne différents ministère et qui vise à «éviter une forme de séparatisme social». Enfin, la structuration de l’islam de France, «un chantier au long cours déjà engagé» au niveau national et départemental. Mais qui ne devrait finalement pas entraîner de modification de la loi de 1905.
lefigaro
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